jeudi 8 mai 2008

Etre sioniste et faire de la politique française? C'est incompatible!

Message d'internaute vue sur le site de la LDJ à l'article "Front national et LDJ" :

FRONT NATIONAL ET LDJ 6 mai 03:55, par Alex Kluger
l’interêt des français nationaux et des juifs de droite est de faire bloc contre la menace islamiste, et non de se diviser...en tant que sioniste jabotynskien, je suis bien plus proche du FN que du PS ou même de l’UMP et je ne suis pas le seul...A quand un grenelle du nationalisme.. ?


Voici la réaction que m'a inspiré ce message:

Le Sionisme et la politique française, ça ne marche pas ensemble.

Cher Alex Kluger,

Dans ton intervention, il y a tout ce que tu veux sauf du sionisme et encore moins du Jabotinskisme. Se mêler activement et ouvertement de la politique intérieure du pays d’exil dans lequel on se trouve est en contradiction flagrante avec les énoncés de principes fondamentaux du sionisme; A savoir que nous juifs, nous sommes des étrangers dans les pays de diaspora, même si nous en détenons la citoyenneté. Notre foyer, notre Patrie, c’est Sion et nous devons tout faire pour y arriver.
Quant à la croisée des chemins dans laquelle se trouve la France aujourd’hui concernant les transitions de son caractère national, ceci est une affaire exclusivement française. Si le fait musulman devient de plus en plus dominant dans la société française, c’est l’affaire des français qui considèrent la France comme leur patrie et non Sion comme la leur. Nous, de notre coté, à titre individuel, on peut regretter ou se féliciter de ce qui se passe en France. Ce n’est cependant pas une affaire juive si nous proclamons tout haut et tout fort que notre Terre est la Terre d’Israël. Ce dont on doit se soucier c’est que la Terre d’Israël reste intégralement sous la souveraineté d’Israël, ce qui n’est pas encore le cas aujourd’hui.

Evidement, si on a vécu longtemps en France, on a des sentiments et on a notre petite idée personnelle sur ce qui s’y fait, mais cela n’en fait pas une affaire juive et sioniste, encore moins un affaire de juifs du bloc national dans la lignée de Jabotinsky.
Il y a, d’autre part, des juifs qui se disent sionistes et qui soutiennent la gauche française. Leur argumentation consistant à dire que les idéaux d’équité sociale et la fraternité entre les peuples sont des valeurs juives fondamentales. C’est vrai. C’est très bien. C’est leur droit de soutenir la gauche française, mais ce n’est pas juif, ni sioniste parce qu’être sioniste c’est prendre la direction de Sion et d’y rester.
Alex, quand tu dis qu’on a un même combat que le FN, c’est peut être vrai pour toi en tant qu’individu, que particulier, en tant que citoyen français qui désire rester en France, mais tu ne peux engager avec toi ni le sionisme ni le bloc national juif.
D’autre part, je suis étonné que tu considères comme bénéfique de t’associer à une formation politique qui est l’héritière de la tradition pétainiste. Il est vrai qu’avec les nous les juifs, on n’est pas à un paradoxe près. Il est vrai aussi que le vichysme était l’apanage de toutes les formations politiques françaises pendant l’Occupation. Y compris Mitterrand qui fut un fonctionnaire de Vichy et a été largement soutenu plus tard par une grande partie des juifs de France.
C’est bien la preuve, pour qui en a besoin, que s’engager dans la politique française quand on est juif, quelque soit la formation politique choisie, c’est souvent soutenir, à notre insu, nos adversaires. Dans le cas de la vie politique française, c’est clair puisque tous les partis recherchent les faveurs du monde arabe, y compris Sarkozy à la réputation de grand ami des juifs. Même le FN opposé à l’immigration musulmane en France a fait des ronds de jambe à Saddam Hussein et aux pays arabes anti israéliens.

En fait, il est à remarquer pour la nième fois depuis les 2000 ans de l’histoire de l’exil du Peuple d’Israël qu’à chaque fois que des grandes nations ont fait l’objet de grands remous et de transitions comme c’est le cas pour la France aujourd’hui, cela a déclanché le départ des juifs de ces pays vers d’autres horizons. Le Reconquista chrétienne en Espagne suivie par l’Inquisition et par conséquent, le départ des juifs de la péninsule ibérique. La décolonisation des pays arabes a déclanché le départ massif des juifs de ces contrées vers Israël principalement. Le Glasnost en Union Soviétique a été le coup de départ de l’Alyah d’un million de juifs russes. Et en dernier, la transition où le fait arabo musulman devenu incontournable dans la cité française. La prise de conscience de ce fait en France est concomitante de la deuxième Intifada. Cela coïncide avec le début de la plus grande vague d’Alyah de France, à savoir 2500 Olim par ans depuis 2001. Alors, comme le disait Jabotinsky avant la Deuxième Guerre mondiale : "Liquidez la Gola sinon la Gola vous liquidera".
Maintenant, si Jabotinsky ressuscitait un instant et entendait qu’un juif de France soutient le même combat que les antisémites patentés du FN au nom de son idéologie, il s’étranglerait. Il y a une chose que Jabotinsky ne serait pas en mesure de comprendre, c’est comment 65 ans après la Shoah, il y a encore des juifs qui choisissent de vivre en Europe et pas en Israël.

1 commentaire:

J a dit…

Lorsqu'un juif sioniste vit en diaspora, on peut effectivement se demander d'abord pourquoi il y vit et ensuite comment peut-il y faire de la politique. On peut très bien répondre à cela en disant qu'il s'est attaché à ce pays d'exil, qu'il l'aime et qu'il cherche d'une certaine façon à le défendre puisqu'il y vit.
Mais que dire de tous ces juifs qui ont été chassés du maghreb à coups de pieds dans les fesses et qui continuent à s'identifier avec fierté au pays dont ils sont originaires (bien souvent originaires par leurs parents seulement), alors qu'ils n'ont plus rien à y défendre ? Pourquoi ne pas nous étonner de les voir entretenir un amour filiale que rien ne peut justifier ?
Si tous ces juifs s'étaient sentis ou se sentaient en exil en dehors d'Israël, alors ils considéraient leur lieu de résidence forcée comme une prison et jamais ils n'afficheraient fièrement et amoureusement le nom de la prison d'où ils viennent comme ils le font actuellement. Pourtant, à ceux là on ne reproche rien, bien au contraire.
Etre sioniste et faire de la politique française, c'est tout aussi incompatible que de se déclarer sioniste et Juif 'tune', par exemple.